Votre présence nous est vitale même si nous ne trouvons pas la force de vous le dire à chaque fois.

Équipe Saint-Vincent
Halte Saint-Vincent
Paris La Santé

Lettre d’une personne accueillie par l’Équipe de la Halte Saint-Vincent Paris La Santé lors de ses visites à un proche en détention.

Bonjour,

Je m’appelle E., je pense que vous ne vous souvenez ni de qui je suis, ni du jour où on s’est vues. Moi je n’ai pas pu oublier votre visage, votre douceur et vos mots car ils ont été d’une grande importance et d’un immense secours.

Jamais je n’aurais cru être confrontée à cet univers ni à ces sentiments si difficiles, si ambivalents. On se retrouve dans ce tourbillon judiciaire et carcéral complètement désemparé, naïf et à nu. Ce jour où je vous ai croisée, je me disais que je n’aurais pas la force de rester debout, ni de retourner au parloir chaque semaine et d’en repartir sans larme, sans m’effondrer. Je ne voyais plus comment vivre avec ces angoisses permanentes, cette incompréhension, ce manque insoutenable et cette incertitude du lendemain…

Vous avez su me donner la force nécessaire, les conseils salutaires. Je devais vivre, rester forte et continuer à avancer dehors dans la « vraie » vie. Continuer à écrire et pardonner. J’ai trouvé les ressources, je ne sais pas comment mais vous y êtes pour beaucoup, merci.

Votre présence (et bien sûr celle de tous les bénévoles) nous est vitale même si nous ne trouvons pas la force de vous le dire à chaque fois. J’ai découvert un univers et des personnes. J’ai compris que […] la tolérance et l’humanité pouvaient (et devaient) pousser des barrières, décaler les limites. Je me sens différente, plus humble et moins ignorante (modestement bien sûr).

Je ressens aussi beaucoup de gratitude et d’admiration pour vos actions [...] . J’y viendrai un jour moi aussi, si cela m’est permis ...

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